19/2/2026
Marie Ezan

IA en France en 2025 : usage généralisé, mais une transformation encore incomplète

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Résumé

En 2025, 70 % des décideurs français utilisent déjà une IA au quotidien. Mais derrière cette adoption rapide, la transformation reste inaboutie : seuls la moitié des grands groupes ont déployé un cadre sécurisé, et 76 % des entreprises n’ont jamais mesuré le ROI de leurs projets IA. Une fracture persiste entre grandes entreprises et ETI, encore largement en phase exploratoire. À travers les résultats d’une enquête exclusive et les analyses d’Elevate, cet article dresse un état des lieux lucide de l’IA en France, et identifie les leviers pour passer de l’expérimentation à la structuration.

Introduction

En 2025, l’intelligence artificielle s’est installée dans le quotidien des décideurs français. Près de 70 % d’entre eux l’utilisent désormais tous les jours, preuve d’une acculturation rapide et spontanée. Mais derrière cette adoption individuelle massive, une autre réalité émerge : à l’échelle des organisations, la transformation reste incomplète, souvent désordonnée, et encore trop rarement pilotée de manière stratégique.

ROI non mesuré, gouvernance floue, frein à l’adoption, fracture persistante entre grandes entreprises et ETI… Ce décalage soulève une question centrale : comment faire passer l’IA d’un usage opportuniste à une dynamique structurante pour l’entreprise ?

Acculturation rapide, adoption massive

Loin d’être cantonnée aux laboratoires ou aux équipes techniques, l’intelligence artificielle est devenue en France un outil du quotidien pour les décideurs. L’enquête menée auprès de 150 cadres dirigeants révèle que 70 % d’entre eux utilisent désormais une IA au moins une fois par jour, et près de la moitié plusieurs fois par jour. Ce chiffre illustre une dynamique d’appropriation rapide, portée à la fois par la curiosité, la pression concurrentielle et les gains de temps perçus.

Sans surprise, les outils les plus plébiscités sont Copilot, ChatGPT ou Gemini, utilisés pour des tâches variées : rédaction de synthèses, génération de slides, recherche documentaire ou même aide à la décision. Le mouvement dépasse d’ailleurs les frontières du digital ou de la data : on observe cette hybridation IA dans les directions juridiques, RH ou encore finances.

Mais si cette acculturation est bien engagée, elle ne garantit pas, à elle seule, une stratégie d’entreprise. Elle n’est qu’un socle. Et c’est précisément ce fossé que l’on constate dès qu’on regarde l’organisation de plus près

Transformation organisationnelle : fracture nette

Si les usages individuels progressent à grande vitesse, les démarches collectives peinent à suivre. Selon l’étude Elevate, seulement la moitié des entreprises françaises ont aujourd’hui déployé un modèle IA sécurisé. Et dans le détail, la fracture est nette : 40 % seulement des ETI (entreprises de taille intermédiaire) sont engagées dans une telle démarche, contre près de 70 % des grands groupes.

Cette disparité s’explique à la fois par des moyens limités, une complexité accrue de la gouvernance IA, et un manque de ressources expertes. Pour beaucoup d’ETI, l’IA reste une opportunité mal outillée : les directions métiers expérimentent, mais sans cadre clair, sans infrastructure adaptée, et sans pilotage transverse. Résultat : des initiatives isolées, souvent peu pérennes, rarement capitalisées.

Autre signal d’alerte : 40 % des décideurs interrogés se déclarent encore en phase “d’exploration”, sans stratégie formalisée, sans comité dédié, et sans feuille de route priorisée. On est loin de l’IA industrialisée ou responsable. Et pourtant, les cas d’usage, eux, se multiplient.

Des cas d’usage concrets… mais un ROI insaisissable

Les entreprises françaises ne manquent pas d’idées ni de cas d’usage. Génération de contenu, personnalisation des campagnes marketing, automatisation de tâches répétitives… Ces trois leviers forment aujourd’hui le trio de tête des projets IA les plus fréquemment déployés. Et dans certains cas, les premiers résultats sont visibles : réduction du time-to-market, allègement des tâches à faible valeur ajoutée, amélioration de la satisfaction client.

Mais cette dynamique cache un point aveugle : la mesure de l’impact. D’après l’enquête menée, 76 % des décideurs n’ont jamais évalué le ROI de leurs initiatives IA. Un chiffre vertigineux, qui révèle une transformation encore largement pilotée à l’intuition, à l’opportunisme ou sous l’effet de l’engouement technologique.

Là encore, la fracture est marquée : aucune des ETI interrogées n’a obtenu un ROI positif (faute de l’avoir mesuré), tandis que seuls 40 % des grands groupes ayant mesuré leur ROI déclarent des résultats positifs. Sans démarche d’évaluation rigoureuse, difficile de convaincre en interne, de prioriser les investissements ou de répliquer les succès.

L’agentique à l’horizon : ce que les décideurs attendent (H2)

Face à une adoption massive mais encore désorganisée, les attentes des décideurs français pour les prochaines années sont claires : ils veulent des solutions plus intégrées, plus utiles, plus concrètes. Et en tête de ces attentes, on retrouve l’agentique, autrement dit un réseau d’agents IA autonomes capables de réaliser des tâches complexes en interaction avec les systèmes métiers.

C’est ce que plébiscitent aujourd’hui les dirigeants interrogés : des assistants intelligents capables non seulement de générer du contenu, mais de piloter un processus, analyser des données, interagir avec des outils internes, et s’adapter aux règles de l’organisation. Cette vision reste encore largement prospective, mais elle structure déjà les roadmaps IA de nombreux grands groupes.

Deux autres attentes fortes émergent également : l’IA multimodale avancée (capable de traiter texte, image, son et vidéo dans une même interaction), et lA frugalité (moins de coût, moins d’empreinte carbone, moins de dépendance technologique).Trois directions qui traduisent une même exigence : sortir de l’effet de démonstration pour entrer dans une IA utile, fiable, accessible — et surtout mesurable.

Conclusion

L’IA en France avance vite… mais pas toujours droit. Si l’acculturation est bien là, portée par des usages quotidiens et une adoption massive, la transformation des organisations reste encore incomplète. Gouvernance, sécurité, ROI : les fondations manquent pour inscrire l’IA dans une stratégie d’entreprise solide et pérenne.

Pour franchir ce cap, les décideurs devront dépasser la phase exploratoire enthousiasmante et bâtir une approche plus structurée, pilotée par la donnée, nourrie par les retours d’expérience et ancrée dans des cas d’usage vraiment utiles. Car l’enjeu n’est plus seulement de tester l’IA, mais de l’intégrer intelligemment dans le moteur de la performance.

💡 Téléchargez l’étude : https://www.elevate-agency.com/etude-ia-letat-de-lart-de-lia-en-france-2025

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